De Gaza au Bourbonnais : Entretien avec Islam Idhair, journaliste palestinien

De Gaza au Bourbonnais : Entretien avec Islam Idhair, journaliste palestinien

À l’occasion de la projection à Sauxillanges du film From Ground Zero, composé de vingt-deux courts-métrages sur la situation à Gaza, j’ai fait la connaissance d’Islam Idhair, un journaliste palestinien désormais installé en Auvergne avec son épouse. Ils ont fuit leur terre après qu’un bombardement ait tué leurs quatre enfants de 5 à 13 ans.

Les journalistes sont particulièrement visés par l’armée israélienne dans la Bande de Gaza. Selon Reporters sans frontières (RSF), 220 journalistes ont été tués à Gaza entre le 7 octobre 2023 et le 1er septembre 2025, soit un bilan comparable à celui, cumulé, de la Première et de la Seconde guerres mondiales ainsi que des guerres de Corée, du Vietnam et d’Afghanistan ! Et quand ce ne sont pas les journalistes, ce sont leurs familles. Islam Idhair nous parle de son parcours.

Islam Idhair : Je suis journaliste et j’ai travaillé pendant plus de quinze ans comme journaliste, traducteur, fixeur pour des médias comme France 24, LibérationLa Croix, Arte, RTL. Je participe aussi à des initiatives telles que la chaine francophone Youtube « Gaza la Vie », qui veut briser l’image stéreotypée de Gaza et montrer la vie culturelle, artistique, les fêtes familiales etc… Je suis aussi rédacteur de la version française du Gaza Post [également édité en versions arabe et anglaise, ndlr].

I.I. : J’ai quitté Rafah avec ma femme le 1er mai 2024 grâce à l’aide d’amis francophones, en France et en Belgique, de RSF et de l’ambassade de France au Caire, où nous avons passé cinq mois en attendant le visa. Nous sommes arrivés à Paris le 11 octobre, puis avons pris la direction du Puy-de-Dôme, où un Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) nous héberge. Tout de suite, nous avons adoré l’Auvergne – ses rivières, ses lacs, ses montagnes…ses fromages. Et y rencontrons des gens chaleureux et généreux. Habitant à la limite du Puy-de-Dôme et de l’Allier, nous sommes bénévoles à l’association Cultures du Monde de Gannat, où Marie Agnès Jacques et toute son équipe nous ont intégré-e-s. Le festival, en juillet, était riche en rencontres humaines, culturelles et gastronomiques venant de tous les continents ! Mais je vais aussi voir les matchs de l’ASM. Et j’irai fin août participer aux rencontres Albert Londres à Vichy.

I.I. : Nous avons été convoqué-e-s à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 25 février 2025 et avons reçu nos titres de séjour le 9 mai 2025, ce qui nous a paru un beau cadeau car c’était notre anniversaire de mariage ! Maintenant, nous sommes dans les démarches et l’attente d’un logement social ; j’ai déposé ma candidature pour du travail. Ma femme suit des cours de français trois fois par semaine et va bientôt me dépasser car, dit-elle, elle est de formation scientifique et apprend vite !Nous étions remplis de fierté et d’émotions en voyant les photos de ma collègue Fatma Hassouna [une photojournaliste palestinienne tuée le 16 avril 2025 à Gaza, à l’âge de 25 ans, ndlr] exposées sur les grilles du Jardin Lecoq et j’espère aller à Sauxillanges le 22 octobre quand elles y seront exposées et que son film y passera. Je voudrais remercier tous nos frères et sœurs solidaires, qui nous apportent leur soutien, et surtout je voudrais lancer un message de paix, de tolérance, de rejet de la haine, de justice pour le peuple palestinien opprimé et meurtri depuis plus de 77 ans et demander que tout le monde fasse un effort pour que ce génocide s’arrête. Car tous et toutes, femmes, enfants, vieillards sont ciblé-e-s dans la Bande de Gaza.

Irène Pergent

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Pour en savoir plus sur le livre d’Irène Pergent Liberté, j’écris ton nom… Palestine ! Vous pouvez la contactez à l’adresse suivante : [email protected]

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