Levons les voiles : la Palestine est en vue !

Levons les voiles : la Palestine est en vue !

Du 20 mars au 28 avril, la 11e édition du festival Palestine en Vue a investi l’Auvergne avec ses films, ses documentaires et ses rencontres. L’occasion de constater l’incroyable vitalité de la culture palestinienne malgré les bombes et l’oppression. 

Depuis un petit village dans les gorges de l’Allier un équipage a crié :
« Levons les voiles, la Palestine est en vue ! » Alors, nous avons escaladé le Plomb du Cantal, le Puy de Dôme pour vérifier et nous avons descendu la Dore, l’Allier ou la Loire. Et, dans un élan de solidarité, à travers les rencontres humaines, les échanges et la culture, nous voici voguant à la découverte de la Palestine, de ses luttes et ses espoirs…

Pour la 11e année, l’ERAP (Echanges Rhône Alpes Auvergne Palestine) nous permet, dans toute la région, dans des grandes villes ou des petits villages, d’entrevoir grâce au cinéma, l’histoire, la culture, la vie de la Palestine et de son peuple. Et si le Rhône et les Alpes ont bien contribué à cette diffusion, l’Auvergne et ses quatre départements n’ont pas été en reste…

Pendant plus d’un mois, du 20 mars au 28 avril, de l’Allier (Commentry, Hérisson) au Cantal (Aurillac) en passant par le Puy-de-Dôme (Arlanc, Clermont, Cournon, Issoire, Sauxillanges, Thiers…) et la Haute-Loire (Brioude, Le Puy, Villeneuve d’Allier), nous avons pu visionner des documentaires – Pour l’Honneur de Gaza, Alice et les colons, le lumineux visage de Fatma Hassouna dans Put your soul… – des docu-fictions comme Palestine 36 ou des films de fiction – Un week-end à Gaza, Once upon a time in Gaza, Ce qu’il reste de nous, Chroniques d’Haïfa – mêlant réalité, imagination et…humour palestinien.

À chaque fois que c’était possible, les équipes organisatrices ont eu à cœur d’inviter, journalistes (en particulier d’Orient XXI), producteur/trice et surtout réalisateurs (formidable Iyad Alasstal!) pour permettre des débats et des échanges riches d’humanité et de solidarité… Des fonds étaient par ailleurs récoltés pour des associations partenaires, la réalisation d’un prochain film, ou pour un dentiste qui, à Gaza soigne les dents des enfants mais aussi leurs traumatismes et manque cruellement de matériel s’il ne manque pas de courage et d’énergie.  

Villeneuve d’Allier a, de son côté, pendant trois jours, participé à l’appareillage d’une flottille pour la Liberté: film, concerts, chants et pauses lecture, livres à consulter ou à acheter (Vive La Grenouille de Langeac!) ; producteurs locaux donnant gratuitement de quoi préparer de délicieux repas solidaires, un exposé sur la récolte des olives en Palestine occupée et une formidable intervention d’Achtar Somi, thérapeute franco-palestinienne, sur l’impact du trauma colonial et les voies de libération des oppressions systémiques… Tout le public n’était pas militant ni même « averti » mais est venu en nombre. Il en a profité pour faire des dons qui vont permettre à la flottille de voguer et pour signer la pétition contre la proposition de loi Yadan, favorisant la répression, au nom de la lutte contre l’antisémitisme, de toute critique du gouvernement israélien.

Philippe Josselin, de l’association France Palestine Solidarités, est venu de Clermont expliquer à Brioude la richesse de la culture palestinienne (cuisine, broderies, archéologie…) et son écrasement par la colonisation israélienne (car elle est, rappelons-le, un colonialisme d’extermination !)

Il n’empêche : quand on voit tous ces films, quand on lit tous ces livres d’auteur-e-s palestinien-ne-s, quand on constate la profusion de la poésie palestinienne contemporaine, y compris de Gaza, on peut faire confiance à la force, à l’ingéniosité et à la vitalité de la culture palestinienne.

Quand on déplore avec colère et chagrin le grand nombre de journalistes gazaoui-e-s  assassinés à Gaza (nombre plus élevé que le total des journalistes tués dans le monde depuis la Première guerre mondiale!) et qu’on s’étonne quelque peu naïvement auprès d’Islam Idhair (journaliste de Gaza venu lui aussi témoigner à Brioude) qu’il y ait toujours autant de journalistes pour nous donner des informations, il parle de courage bien sûr, mais surtout il parle simplement de la relève, de ces jeunes journalistes toujours prêts à remplacer un-e collègue assassiné-e. Et le Chant des Partisans nous murmure alors dans la tête (vous vous rappelez ? celles et ceux qu’on appelait « terroristes » avant de leur concéder le titre de « Résistant-e-s » ?) : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre, prend ta place… »

Irène Pergent

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