Le torchon brûle entre l’équipe municipale élue en mars et sa tête de liste désormais maire Viladej Vilaylack. La démission d’une partie de la majorité va entraîner une nouvelle élection à Saint-Georges-de-Mons les 4 et 11 octobre. Le maire et ses anciens colistiers se renvoient la responsabilité d’une rupture désormais publique.
À Saint-Georges-de-Mons, l’unité affichée pendant la campagne municipale n’aura pas résisté à l’exercice du pouvoir. Élu dès le premier tour, le 15 mars 2026, avec 523 voix, soit 54,82 % des suffrages exprimés, la liste de Viladej Vilaylack avait obtenu quinze des dix-neuf sièges du conseil municipal. Celle de la liste d’opposition menée par Franck Baly en comptait quatre. Aujourd’hui, l’ensemble de la majorité s’est désolidarisé du maire. L’équipe élue en mars pour administrer Saint-Georges-de-Mons n’a pas réussi à rester une équipe. La préfecture confirme que de nouvelles élections municipales sont prévues les 4 et 11 octobre 2026.
« Nous sommes toujours en accord avec le projet municipal », assurent les élus démissionnaires dans un communiqué distribué à la population. Ils remettent en cause le fonctionnement du conseil municipal et les relations avec le maire. Ils dénoncent « une accumulation de difficultés relationnelles, organisationnelles et humaines » et estiment ne plus disposer des conditions nécessaires à l’exercice de leur mandat. Le document distribué aux électeurs dresse plusieurs griefs à l’endroit du maire qu’ils ont pourtant élu : manque de concertation, décisions prises sans information préalable, désaccords sur la conduite des réunions et rupture de confiance. Deux médiations tout ce qu’il y a de plus officielles se sont tenues les 10 et 24 juillet. Elles n’ont pas permis de résoudre la crise municipale.
« Le spectacle triste et ridicule »
Viladej Vilaylack livre une lecture désabusée de la situation. Selon le jeune maire de 47 ans, certains de ses anciens colistiers souhaitaient conserver la maîtrise de la municipalité après son élection. Il y a encore quelques mois, il n’avait pas prévu de conduire une liste. « On est venu me chercher, mais je ne suis pas un homme de paille », rappelle-t-il. Selon lui, le rôle qu’on souhaitait lui faire jouer se résumait ainsi : « Tu es le maire, mais tu fais de la figuration, tu dis oui et non. » Il reconnaît une prise de fonction difficile. « Je suis un jeune maire, j’ai certainement commis quelques maladresses », admet-il.
Mais il considère que les différends ont été fortement exagérés. Il regrette surtout « le spectacle triste et ridicule » donné aux habitants par une équipe qui s’était présentée comme unie pendant la campagne. L’ambiance se serait encore tendue mi-juillet. Le maire affirme avoir fait l’objet de menaces lors d’un échange à la mairie le 15 juillet, en particulier avec Damien Raynaud et Denis Voyer, deux de ses adjoints. Il a déposé plainte à la gendarmerie des Ancizes. Contacté, le parquet ne commente pas ces accusations ni la suite qui est donnée à la plainte.
Les élus démissionnaires se plaignent eux aussi dans leur message à la population de plusieurs épisodes conflictuels. Difficile de trancher les responsabilités individuelles mais l’ampleur de la rupture ne fait aucun doute.
Une action municipale limitée aux affaires courantes
De son côté l’opposition dénonce un manque d’information surprenant. Franck Baly s’étonne d’avoir découvert les démissions puis les dates du nouveau scrutin par voie de presse. « Nous sommes pourtant des élus de la République », souligne-t-il. Il regrette n’avoir pas été invité à la médiation, juge la méthode « très cavalière » et assure que les quatre élus d’opposition avaient adopté une démarche d’« opposition constructive ». Son groupe, dit-il, reste soudé dans cette tempête.
Les élus qui ne s’entendent plus aujourd’hui disposaient pourtant d’une assise confortable au conseil. Ces chicanes soulignent la différence entre monter une liste pour se présenter et exercer le pouvoir en protégeant les intérêts d’une commune, concrétiser un programme. Les anciens colistiers assurent défendre encore le même projet pour Saint-Georges-de-Mons ; ils ne s’accordent plus sur les responsabilités du maire ni sur les règles du travail commun. Dans l’attente des élections d’octobre, Viladej Vilaylack reste maire, mais l’administration municipale est limitée à la continuité des services publics et aux affaires courantes. La préfecture précise que la commune ne peut pas engager de décisions structurantes, ni modifier son personnel ou préparer un nouveau budget dans les conditions ordinaires. La situation provisoire est encadrée par les services de l’État.
En octobre, Viladej Vilaylack envisage de conduire une nouvelle liste. Les élus démissionnaires pourraient eux aussi se représenter, tandis que Franck Baly dispose de son équipe, toujours soudée. À ce stade, trois candidatures sont possibles, mais aucune n’est encore officiellement déposée. Les électeurs devront départager trois équipes et trois lectures d’une crise politique qui aura paralysé la commune pendant plusieurs mois.
Sonia Reyne
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